En 28 ans de métier, cet infirmier qui a vu naître plus de 6.000 bébés a suivi les pas de sa maman et de sa grand-mère.

Dans son bureau situé au service de gynécologie de l’hôpital Laquintinie de Douala, une demi-douzaine de jeunes infirmiers l’entourent. Jules Temomo et ses jeunes collègues devisent en toute convivialité. De temps à autre, l’échange est entrecoupé par d’autres collègues qui ouvrent la porte, le saluent « Bonjour doyen », prennent de ses nouvelles et s’en vont. « Ce sont des jeunes que nous avons formé. Nous sommes déjà vieux. C’est eux qui assurent maintenant la relève », lâche celui que ces jeunes infirmiers accoucheurs appellent affectueusement « Pa’a Jules ». Et pour ses collègues plus âgés que ces jeunes, Jules Temomo est tout simplement le «doyen ».

Nous sommes le jeudi, 04 mai 2022. Il est bientôt 12h. C’est la journée internationale des Sages-femmes. L’activité est plutôt calme au sein du service. Et c’est le moment pour celui qui est par ailleurs chef traditionnel du village Bandza, dans le groupement Baleveng à l’ouest du Cameroun, de revenir sur son parcours.

Une vue de la maternité hôpital Laquintinie de Douala

C’est en 1988 que Jules Temomo entre à l’école des infirmiers d’Ayos. Un an plus tard, il en ressort, nanti du diplôme d’Infirmier accoucheur. Et commence alors sa carrière. En 1990 Jules Temomo est affecté à l’hôpital de New-bell. Son premier poste de travail. Il est le responsable des salles d’accouchement. Un an après, il est affecté à l’hôpital de Melong dans le Moungo avant d’atterrir à l’hôpital Laquintinie en 1993, au département de gynécologie qu’il n’a plus quitté jusqu’à ce jour.

« Mon quotidien est fait de femmes », lance t-il. « J’accompagne les femmes dans les consultations prénatales, dans la vaccination, dans le planning familial. On les sensibilise aussi sur des précautions à prendre pour ne pas contracter d’autres maladies qui peuvent nuire au fœtus, ou leur conduite et comportement pendant tout le parcours de leur consultation prénatale », une tâche qu’il ne fait cependant plus à plein temps. Cela revient désormais à ses jeunes collègues qu’il accompagne et encadre. Son expérience, il la partage avec ces jeunes, mais aussi avec les femmes enceintes lorsqu’il les retrouve les matins dans la salle réservée aux soins où il s’entretient avec elles sur un thème chaque jour. Planning familial, consultation prénatale, respect de la vaccination de l’enfant, ou sur le matériel à apporter lors de l’accouchement…

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Donner la vie coule dans ses veines. C’est héréditaire. « Cela fait plaisir de voir un enfant naître. Ma maman a été matrone. Je la voyais accoucher les femmes. Cela m’a beaucoup intéressé. Elle faisait accoucher les mamans au village. Et même ma grand-mère faisait de même », argue t-il, le sourire au coin. Des moments pendant lesquels il dit se sentir très à l’aise.

Sa passion, Jules Temomo l’a complété avec les formations qu’il a faites tout au long de sa carrière. Notamment à Amiens en France et à Yaoundé où il a fait des formations en stéréoscopie, en planning familial et en santé de reproduction, ainsi qu’en protection maternelle et infantile contre le Vih. Des formations que ce quinquagénaire a mis en pratique pendant 28 ans de métier, et qui lui ont aidé à faire accoucher pas moins de 6000 femmes, s’en vante t-il.

One Reply to “Jules Temomo : accoucheur de mère en fils”

  1. Tsopjio 3 mois ago

    Banza en avant .merci Doc

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