Le Pr Henri Essomè, chef de département de gynécologie à l’hôpital Laquintinie, précise que les conséquences de l’alcool sur le cerveau du futur bébé sont irréversibles.

Voir une femme enceinte consommer de l’alcool est devenu banal. Les futures mamans le font naïvement et ne mesurent peut-être pas les conséquences graves auxquelles elles exposent la croissance de leur fœtus, et la vie de leur bébé. Et pourtant les conséquences de l’alcool sur le fœtus sont graves et irréversibles. « C’est le syndrome d’alcoolisme fœtal. Le syndrome d’alcoolisme fœtal ce sont les anomalies qui font suite au fait que la femme enceinte prend de l’alcool, lequel traverse massivement vers son fœtus et y créé un certain nombre d’anomalies », note le Pr Henri Essomè, chef de département de gynécologie à l’hôpital Laquintinie de Douala.

« Ce que la femme enceinte doit retenir c’est que lorsqu’elle boit de l’alcool, son fœtus boit également la même quantité d’alcool. Cet alcool est absorbé sans retenu chez le fœtus et va impacter sur le cerveau du futur bébé avec des conséquences irréversibles. On dira qu’il faut un certain seuil d’alcoolémie, mais, je nuance en disant que tout alcool traverse. Et dans un environnement où tout est contrefait et frelaté, cela expose davantage le fœtus. Le placenta ne filtre pas l’alcool. Cet alcool traverse et est massivement orienté vers le cerveau du fœtus, ce qui va perturber son développement », précise le Pr Henri Essomè.

Pr Henri Essomè est chef de département de gynécologie à l’hôpital Laquintinie

Et les conséquences sont multiviscérales, majoritairement céphaliques et partant cérébrales. Ce sont des enfants qui naissent avec une petite tête, un petit cerveau, de petits yeux, des fentes oculaires étirées, un petit mention, une petite mandibule, des oreilles basses, des malformations cardiaques. Sur le plan social, l’enfant a un retard mental, un degré de concentration très réduit, des difficultés au relationnel, un seuil de douleur élevé, un défaut de sociabilité s’apparentant aux attitudes autistiques. “Bref, les malformations possibles sont de tout ordre
La liste ne saurait être exhaustive En somme partout où le sang chargé d’alcool passe. L’enfant aura Une petite taille, un petit poids, des malformations rénales”
, prévient le Pr Henri Essome.

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Des anomalies qui vont même au niveau de ses membres. Il n’y a pas une seule partie du corps du fœtus qui ne sera pas attaquée, tout simplement parce que l’alcool est véhiculé par le sang, et que le sang circule dans tout le corps. « Lorsqu’une femme boit, l’enfant est handicapé cérébralement et à vie. Les conséquences de l’alcool sur l’enfant sont irréversibles. Si au moment où X proportion du cerveau devrait se développer pour atteindre une certaine dimension pour être performant à l’âge adulte, du fait de l’alcoolisme de la maman, le développement du cerveau sera coincé », explique le médecin qui proscrit la consommation d’alcool aux femmes enceintes. ” Femme, tu bois l’alcool pendant la grossesse, eh bien ton enfant boit autant. Prends-en conscience et évite de faire de lui une légume après la naissance “, conseille le médecin.

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